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où les aventures trépidantes d'un jeune architecte à travers Londres

Le façadisme anglais ou le cache misère

gaylor1 | 10 juin, 2008 12:22

Comme de nombreuses capitales européennes, Londres fait partie de ces villes marquées par un passé historique et culturel riche de plusieurs siècles. Ce passé et ce patrimoine tant convoité par les historiens et les touristes donne tout son charme et sa valeur à ces cités.

Cette course à la « patrimoinisation » des centres villes historiques entraine leurs stagnations dans leur évolution architecturale. Elles deviennent des villes fossiles ou musées (chacun son avis). 

Ce n’est pas qu’elles ne veulent plus évoluer au contraire, leur évolution se marque par un conservatisme absolue, avec des réglementations à outrance, empêchant toute nouvelle forme d’expression architecturale, sauf la construction à l’identique ou le pastiche pur et simple du passé. Ces villes, dites villes muséales à cause de leur enfermement dans leur style historique tendent à devenir des nids à poussière, ou les réhabilitations se suivent et ne se ressemble pas.

Quand je parle de réhabilitation, je parle essentiellement de réorganisation intérieure des bâtiments, tout en conservant une façade à l’identique et voir parfois de l’ajout d’une extension contemporaine (mais ça reste assez rare quand même). Ces changements de fonctionnalité et d’organisation peuvent parfois amener à des interventions parfois surprenantes, c’est pour cette raison, que parfois nous pouvons  voir dans des bâtiments à l’architecture dite historique des choses inattendus, des boutiques, des bureaux et même des restaurants. L’intervention la  plus surprenantedont j’ai eu l’opportunité de voir, était la transformation d’une ancienne maison à colombage,  (vieille maison en bois avec structure bois apparente depuis l’extérieure) en un Macdonald. Les murs extérieurs donnaient l’impression de s’effondrer tellement ils étaient penchés.

Même si ces réhabilitations ne font que réorganiser les intérieures et rafraichissent les façades en vu de satisfaire les architectes d’état des bâtiments historiques  (ce sont les cons qui à chaque fois stoppent vos projets car ils se situent près d’un soit disant lieux historiques, et le modifie à leur sauce), en Angleterre le mot réhabilitation dépasse cet entendement.

Dans une société schizophrénique ou d’un coté, les gens se différencient  tout les jours par leurs excentricités (d’ailleurs des fois on se croirait au carnaval tellement ils s’habillent n’importe comment) et de l’autre, où leur conservatisme et académisme s’applique à la règle (tout doit être fait dans les traditions), cette schizophrénie se retrouve également dans l’architecture.

L’immobilité architecturale de la conservation des bâtiments historiques, le besoin d’expression personnel des architectes qui les pousse toujours à se différencier des autres tendances (d’ailleurs ce sont les champions de la différence dans ce pays : rouler à gauche, ne pas savoir cuisiner, les unités de mesures, ne pas accepter l’Euro etc…)  se caractérise à Londres par un « Façadisme » à outrance. Terme un peu barbare mais qui correspond bien à la vision de la société anglaise, où l’on a le droit de d’être différents, mais tout en restant dans les rangs. En architecture, elle se traduit par « do what you want but keep the same style ».

Ce terme architecturale s’applique au pied de la lettre car à présent les architectes anglais ne font plus de réhabilitations, ils détruisent tout simplement le bâtiment existant en prenant soin de conserver l’élément le plus important et le plus visible par tous, la façade dite historique. On assiste donc à des réhabilitations ou des transformations lourdes, ou une part importante du budget est allouer à conserver intacte et surtout  debout une  façade (ce qui n’est pas forcément évident) qui ne correspond plus au attente du programme du nouvel édifice mais qu’il faut tout de même entretenir et sur laquelle il faudra se rattacher. En quelques sortes c’est comme si vous achetiez un moteur de Ferrari tout neuf pour le mettre dans une Trabant allemande (vieille voiture de l’Allemagne de l’Est).

Dans tout ça, où se situe la part d’histoire, car on se retrouve avec des bâtiments historiques, sans leurs murs et leurs planchers existant, dénuer d'âmes et sans plus aucune réelle valeur patrimoniale. Ce n’est pas que je sois un conservateur effréné, mais si nous devons faire des réhabilitations faisons les avec le respect qu’il se doit, ou autant tout raser, et faire table rase de se passé trop encombrant mais cependant nécessaire au rattachement culturel et à la construction des repères communautaires de chaque société.

Sous ce mutisme architectural se cacherait-il une peur du changement, peur de perdre son identité? Les anglais serait-il imperméable à la modernité ou tenterait-il simplement de donner du cachet à leur ville et de créer un sentiment de fausse ville historique?

 

 

Commentaires

Re: Le façadisme anglais ou le cache misère

Vonric | 11/06/2008, 14:57

Assez d'accord avec ta conclusion. Toutefois je dois dire qu'avec ce que je vois de l'architecture dans la City, je préfere souvent celle ci a certaines monstruosités francaises...

 
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